ordiecole.com : le toucher

http://www.ordiecole.com/biol/bio9e.html

Toucher

Rôle de la peau

La peau protège le corps contre l'entrée de l'eau et des microbes, les frottements, les chocs, les agents chimiques. Elle régule la température (lutte contre la chaleur par la sudation ; contre le froid grâce aux poils et à la graisse). Elle agit comme organe auxiliaire de la respiration et de l'excrétion et comme réserve de graisse. Elle produit de la vitamine D par action du soleil sur le cholestérol et absorbe des solutions alcooliques (exemple : teinture d'iode) ou graisseuses (pommade). Elle se continue au niveau des orifices naturels par les muqueuses digestive ou respiratoire.

Jusqu'à 30 ans , si plus de 22 % de la peau est détruite, la mort peut s'ensuivre (à plus de 75 %, elle est inévitable). De 45 à 49 ans : 12 % (mort possible) et 58 % (mort inévitable). Chez les plus âgés : 23 % (mort probable). Avec les techniques de greffe de sa propre peau : sur 30 brûlés à 80 %, 3 sont morts (hôpital Percy, Clamart).

Structure de la peau

Surface . 1,5 à 2 m2 (en % : membres inférieurs 18, supérieurs 9, tête 9, tronc face antérieure 18, postérieure 18, parties génitales 1). Épaisseur : 0,5 à 4 mm (parfois plus pour la peau plantaire). Poids : environ 3 kg (adulte).

Épiderme (du grec epi : sur et derma : peau). Épithélium stratifié de 0,1 mm d'épaisseur. 1o) Couche basale qui s'applique sur les saillies ou papilles du derme et renferme des mélanocytes, cellules qui, sous l'effet des rayons ultra-violets, transforment la tyrosine en mélanine pigment noir qui protège des rayons solaires, responsable du brunissement et de la couleur des Noirs (moins de 1 g de mélanine suffit à colorer la peau d'un Noir). 2o) Couche muqueuse dite de Malpighi formée de cellules vivantes polyédriques. 3o) Couche cornée, formée de cellules mortes qui desquament (les cellules kératinisées vivent de 20 à 30 jours) de façon inapparente. La peau de l'homme est plus épaisse que celle de la femme (de 16 % en moyenne) ; plus riche en collagène, plus grasse, avec une sécrétion sébacée plus importante, diminuant progressivement avec l'âge (très fortement chez la femme après la ménaupose).

Derme . Réseau serré de fibres conjonctives et de fibres élastiques auxquelles la peau doit sa résistance et son élasticité. Renferme des vaisseaux sanguins qui nourrissent et réchauffent la peau, et des terminaisons nerveuses sensorielles.

Cheveux . Nombre : adulte 100 000 à 150 000. Perte par jour : enfant 90, adulte 35 à 100, vieillard 120 (non remplacés). Croissance : 0,35 mm par jour (de 8 à 11 mm par mois) pendant 10 ans chez la femme, 3 chez l'homme, puis le cheveu meurt et tombe en 3 semaines.

 

Coupe schématique de la peau :

Épiderme : 1 couche cornée ; 2 couche claire (n'existe qu'au niveau palmoplantaire) ; 3 couche granuleuse ; 4 corps de Malpighi ; 5 couche génératrice : couche basale.

Derme : 6 papilles ; 7 couche du tissu conjonctif ; 8 cellule adipeuse du tissu sous-cutané ; 9 glomérule sudoripare ; 10 poil ; 11 glande sébacée ; 12 muscle arrecteur du poil.

L'analyse des cheveux peut servir au diagnostic de nombreuses maladies (diabète juvénile, désordres métaboliques, carences alimentaires, affections du pancréas, toxicomanies, empoisonnements, certaines arriérations mentales, et même schizophrénie) et permettre de dater le moment où elles se sont introduites dans l'organisme. Elle permet aussi de connaître le suivi d'un traitement (exemple : sida).

  Blachiment : destruction des pigments par des phagocytes et pénétration de bulles d'air microscopiques. Normalement les cheveux commencent à blanchir entre 35 et 40 ans. Cause : résulte d'une diminution progressive de l'activité d'une enzyme du bulbe pileux, la tyrosinase. Programmée dans nos gènes. Apparition : dates variables selon sujets et cheveux (voir Canitie   Quid 2000 , p. 152a).

Des chercheurs sont parvenus à activer des mélanocytes " dormants ", situés dans des racines de cheveux gris, pour leur faire produire du pigment.

Ongles . Structure : cuticule : pellicule de peau qui le protège à sa base et le préserve des infections. Matrice : partie vivante située sous la peau, assure la croissance par renouvellement des cellules. Lunule (croissant plus clair à la base) : ligne de partage entre tissus cellulaires et ongle. Tablette (ongle proprement dit) : surface lisse et transparente, dure et perméable (ongle fragile en cas de contact prolongé avec de l'eau). Lit : extension de l'épiderme, fait suite à la matrice, support de la tablette dans laquelle il s'emboîte et croît simultanément. Bord libre : extrémité. Croissance : 1 mm par semaine pour la main, 1 mm par 2 semaines ou 3 pour les pieds. Se renouvelle entièrement en 4 à 6 semaines (main), 12 à 18 (pieds). Maladies : 1o) ongle incarné : agression du bourrelet latéral par le bord de l'ongle qui rentre dans la chair, créant une plaie pouvant s'inflammer et se surinfecter sous effet de macération locale (transpiration, chaussures trop courtes) ou de mauvaise hygiène (coupe trop courte). Complications : panaris. Traitements : chirurgical, antiseptique (bains de pieds), utilisation d'une lime à ongle incarné. Prévention : limer l'ongle plutôt que le couper. 2o) Traumatismes : hématome localisé (tache avançant avec la pousse de l'ongle, caillot de sang sous la tablette), bénin. Si l'hématome est plus important l'ongle tombe et laisse la place à un nouveau, il se décolle tout seul, ne pas le toucher. 3o) Ongles striés et cassants : le plus souvent, carence en vitamines, calcium et oligoéléments. Manger plus de fruits et de légumes verts, réaliser une supplémentation en fer, une cure de vitamines A, B, E, ou de gélatine (en sachets). 4o) Infections (panaris) : infection bactérienne de la pulpe du doigt succédant à une lésion mineure (écharde, piqûre d'aiguille). Entraîne douleur vive et inflammation locale. Sans traitement, augmentation rapide de l'abcès qui se gonfle de pus, fièvre et insomnie ; devient alors une urgence chirurgicale, Prévention : désinfection soigneuse de toute brèche ou piqûre avec antiseptique. Plusieurs bains antiseptiques quotidiens pour faciliter le retrait d'échardes sous l'ongle. Traitement : antiseptiques. 5o) Autres maladies : l'ongle est le traducteur de l'état général (fièvres, interventions chirurgicales, carences). Modifications traduisant des troubles pulmonaires ou cardiaques, cirrhose, diarrhée. Toutes les dermatoses entraînent des troubles de l'ongle (exemples : psoriasis avec hypertrophie du lit et soulèvement de la tablette, érosion en déà coudre ; eczéma, pelade avec périosys ou hyperkératose).

  Soins des ongles : vernis : protège la lame unguéale, limite les pertes d'eau, accroît l'hydratation. Peut induire (en fonction des composants) des allergies (eczéma très prurigineux à distance sur lèvres, cou, menton...). Dissolvants : retirent le film hypolipitique de la tablette. Éviter l'acétone pure au profit de corps gras. Bases : incolores (pour éviter la pigmentation orangée due au vernis coloré porté trop longtemps), à appliquer avant vernis. Durcisseurs : pallient la fragilité. Fixateurs : améliorent la résistance du vernis. Ne pas les utiliser trop longtemps car l'ongle perd toute souplesse et devient cassant. Ongles artificiels : port prolongé mal toléré empêchant l'ongle naturel de respirer ; certains comportent des allergisants.

  Record de longueur (mesurée le 3-3-1992 sur un Indien qui n'avait pas coupé ses ongles depuis 20 ans) : pouce 1,22 m, index 91 cm, majeur 99 cm, annulaire 1,06 m, auriculaire 1,02 m. L'usage des ongles longs (3 ou 4 cm, sinon jusqu'à 10-12 cm, voire 40 et même 45 cm) était répandu en Chine, Indochine et Thaïlande.

Poils . Nombre : de 500 000 à 5 millions : sourcil 700, cil 320 (80 par paupières), aisselle 6 000, pubis 7 000. Poussent sur un épaississement conique de la couche de Malpighi, enfonces obliquement dans le derme. Croissance : 0,2 mm par jour, production annuelle 12 km. Durée de vie : 6 mois au maximum. A la base du poil s'attache un faisceau de fibres musculaires lisses, le muscle horripilateur ou arrecteur. Dans la gaine du poil, une glande en grappe, la glande sébacée, déverse un liquide gras ou sébum qui lubrifie l'épiderme et les poils et les empêche d'être mouillés par l'eau. Barbe : environ 15 000 poils ; pousse ; 1 cm par mois.

  Kératose pilaire (" chair de poule ") : dans les régions du corps couvertes de poils. Réflexe de défense contre les pertes de calories hérité des animaux à sang froid. Depuis Cro-Magnon, l'homme a perdu la quasi-totalité de ses poils. Cependant, il a gardé les petits muscles sous-cutanés, arrecteurs dont la contraction suffit pour accroître la température de l'épiderme.

Glandes sudoripares . Enfoncement en doigt de gant, long de 2 à 4 mm, de la couche basale de l'épiderme dans le derme. S'ouvrent à la surface par un pore. Nombre : 2 millions sur tout le corps. Mérocrines : sécrètent des liquides sans cellules ni débris cellulaires ; produisent la plus grande partie de la transpiration. Eccrines : réparties sur tout le corps (surtout paume des mains, plante des pieds, front, poitrine). Tube excréteur très long. Sueur eccrine : sécrétion intermittente claire, composée d'eau, chlorure de sodium, acide lactique et quelques déchets azotés ; acides, elle a un pouvoir bactéricide. Apocrines : principalement aux aisselles, mamelons, régions anale et génitale (pubis, périnée...). Glomérule sécréteur important et court canal excréteur. La sueur apocrine est sécrétée en continu, sous dépendance nerveuse et hormonale. Inodore à son émission, elle est alcaline et riche en matières organiques dégradées par les bactéries cutanées (origine des odeurs désagréables).

Terminaisons nerveuses . Extrémités des fibres nerveuses des nerfs rachidiens (tronc, membres) ou du trijumeau (visage). Des terminaisons nerveuses libres viennent les sensations douloureuses ; la sensibilitéthermique (au chaud : corpuscules de Ruffini ; au froid : bulbes de Krause) ; tactile superficielle (corpuscules de Meissner, disques de Merkel) ; profonde (corpuscules de Golgi-Mazzoni, corpuscules de Pacini). Nombre (sur l'ensemble du corps) : points de pression environ 500 000 ; de froid, 250 000 ; de chaud, 30 000 ; de piqûre, 3 500 000. Zones les plus sensibles : régions palmaires (pulpes des doigts : 2 300 terminaisons nerveuses au cm2) et plantaires. Le reste du corps présente une sensibilitéà peu près homogène. Temps de réaction : excitation douloureuse 0,9 seconde ; mécanique 0,12 ; thermique 0,15 à 0,18.

L'homme peut percevoir avec le doigt une vibration de 0,02 micron d'amplitude (1 micron = 1 millième de millimètre).

Sueur

Composition . Produite par les glandes sudoripares, elle ressemble à de l'urine diluée comprenant 10 g de matières dissoutes par litre (chlorure de sodium 4 g ; urée 1 g ; urates, phosphates, sulfates, acides gras volatils).

Rôle . L'élimination de la sueur (sudation) nous permet de lutter contre une élévation de la température du corps (glandes sudoripares eccrines) et sert à l'élimination des déchets du sang (mais elle ne peut remplacer l'action des reins car elle n'élimine que 1 g d'urée par jour). En se mélangeant au sébum, la sueur forme un film hydrolipidique qui protège la peau dans les zones exposées aux frottements (mains, pieds...). Quantitééliminée en 24 h, pour une température moyenne, par un adulte au repos : 0,6 à 1 kg de sueur ; tropicale : 3 à 4 kg ; travail musculaire intense (mineurs) : 10 kg. En pays chauds, il est souvent recommandé de prendre des tablettes de sel pour compenser une sudation trop intense qui provoquerait des crampes musculaires, et aggraverait la déshydratation (sans sel, l'eau que l'on boit n'est pas fixée).

Troubles de la sudation . Concernent 300 000 Français.

Anhidrose . Absence ou diminution de la transpiration. Maladie rare, le plus souvent héréditaire ou survenant après une maladie de peau (psoriasis, eczéma). Généralisée, elle est grave car elle empêche la régulation de la température du corps.

Hyperhidrose . Palmaire : à l'origine des mains moites. Causes : atmosphériques (chaleur, humidité) ou liées à un état émotionnel. Plantaire : plus fréquente chez les hommes (surtout à la puberté). Favorisée par chaussures trop serrées, mal aérées (sport), chaussettes en fils synthétiques qui provoquent irritation, macération et mauvaises odeurs. Axillaire : courante. Odeur aux origines isométriques d'un composé de méthyle de l'acide hexénoïque, produit de la dégradation de composés naturels par la flore bactérienne présente au niveau des creux axillaires (aisselles). Miliaire : inflammation aiguë des glandes sudoripares provoquant une rétention de la sueur et l'apparition de vésicules rouges sur la peau (en forme de grains de mil) qui entraînent d'intenses démangeaisons. S'observe par temps chaud et humide ou si le sujet est trop couvert. Fréquente sous les tropiques (bourbouille) ou chez le nouveau-né.

Mycoses associées . Développement de champignons microscopiques. Aisselles : apparition de plaques brunes. Pieds : entre les orteils là où la macération est la plus importante (voir Dermatophytes,   Quid 2000 , p. 152a).

Traitements . Hygiène : lavage de la peau à l'eau et au savon, frottage des mains avec du tale ou une serviette parfumée, port de sous-vêtements en coton, épilation. Bien sécher les pieds entre les orteils, frictionner à l'alcool dilué ou à l'eau de toilette ; chaussettes en fibres naturelles. Produits cosmétiques : antisudoraux : ils resserrent les tissus (action astringente) en obturant les glandes sudoripares. Action antiseptique et tonifiante. Généralement composés de sels d'aluminium, ils ont une action longue et efficace. Ne pas les appliquer sur une peau lésée et irritée ; déodorants : bactéricides : suppriment les bactéries responsables de la dégradation de la sueur et limitent les odeurs. Ne les appliquer que sur une peau propre, jamais avant de s'exposer au soleil ni après une épilation. Absorbeurs d'odeurs : ne suppriment pas leur cause. Efficaces dès application. Préparations : à base de formol, de sels d'aluminium ou de zinc. Ionophorèse : permet le passage transcutané d'éléments ionisés qui, sous l'action du courant électrique, vont produire un effet thérapeutique. Appareil coûtant de 3 000 à 6 000 F.

Température de l'homme

Équilibre . Entre la chaleur reçue (par le métabolisme du corps, le milieu ambiant, les contractions volontaires ou involontaires des muscles et l'absorption de nourriture) et celle perdue (par rayonnement, conduction et convection 72 %, évaporation 15 %, échanges pulmonaires 7 %, réchauffement de l'air inspiréà l'intérieur des poumons 3 %, expulsion de l'urine et des matières fécales 3 %).

Température normale (en oC). 37 (un peu plus pour les jeunes enfants et un peu moins pour les personnes âgées). Comparaisons : cheval 37,6 ; jument 37,8 ; vache d'embouche 38,3, laitière 38,6 ; chat 38,6 ; chien 38,9 ; mouton 39 ; porc 39,1 ; lapin 39,5 ; chèvre 39,9 ; poule 41,7.


vous consultez la page http://www.ordiecole.com/biol/toucher.html